Elohi-Indigenous People and the Environment

Elohi—Peuples indigènes et environnement est une revue semestrielle dont l’objet d’étude est le rapport particulier que les peuples indigènes, de par la planète, entretiennent avec leur environnement, et les représentations qu’ils s’en font. Afin d’appréhender cet objet dans sa globalité, Elohi se place résolument dans une perspective internationale et pluridisciplinaire, et accueille des contributions en français, en anglais et en espagnol.

 

 

 

Ce premier numéro d’Elohi pose des bases de réflexions sur l’articulation qui est faite par le sous-titre de la revue entre les peuples indigènes et l’environnement. Dans une introduction définitoire, Nathalie Jaëck rappelle que cette articulation est simultanément définie comme un pléonasme—les peuples indigènes ne font qu’un avec leur environnement—et une oxymore—quand les peuples indigènes et les écologistes s’affrontent. Dans une perspective historique, James Parins montre par l’exemple des Cherokees, que la question du rapport à la terre, lorsque les modes opératoires traditionnels entrent en concurrence avec le modèle colonial, peut être la source de profondes divisions sociales. Ted Fortier, qui travaille parmi les Cœur d’Alène, observe les difficultés rencontrées par une population qui cherche à préserver une identité culturelle traditionnelle dans un environnement en destruction. Son article montre à quel point les enjeux environnementaux sont des enjeux sociaux, politiques, économiques et culturels lorsque l’environnement est véritablement habité, c’est-à-dire imprégné de vie humaine ou, selon l’étymologie du terme, investi d’avoirs. Une autre façon de remettre en question, comme le fait Frédéric Dorel, la séparation de nature et culture. Un exemple parlant de l’articulation ontologique étroite entre ces deux notions est celui présenté par Frédéric Allamel. Son article analyse comment les Houmas, installés en Louisiane contre leur gré, se sont réinventés culturellement en apprivoisant, et pour mieux apprivoiser, un environnement très différent de celui connu de leurs ancêtres. En Nouvelle-Calédonie, Régis Lafargue montre que le droit coutumier peut servir un discours environnemental dans lequel chacun peut se reconnaître. En Bolivie, en revanche, comme l’explique Jana Jetmarova, les visions indigènes des droits de la Terre Mère sont mises en difficultés par le pragmatisme économique et les intérêts industriels.

La revue est accessible, au numéro ou à l'article, au lien suivant:

 

http://pub.u-bordeaux3.fr/index.php/nouveautes/elohi-n-2.html