couvelohi5 6Le thème de cette cinquième et sixième livraison de la revue Elohi, Peuples indigènes et environnement, les « ressources du vivant », a été celui du colloque international organisé à l'Université d'Aix-Marseille les 18 et 19 octobre 2013 par les membres du comité éditorial, en partenariat avec l'Université Bordeaux Montaigne (EA 4196 CLIMAS et 3656 AMERIBER), l'INSERM de l'Université Bordeaux Segalen (Philippe Barthélémy, ARNA U869) et l'Institut Méditerranéen de Biodiversité et d'Écologie marine et continentale (Alain Thiéry et Thierry Tatoni) qui a été l'hôte de cet événement.

 

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Elohi 4Peut-on parler d'invention de l'indigène écologiste, voire environnementaliste, comme l'on parle d'invention du sauvage, noble ou ignoble, dans le sens où telles descriptions furent inventées, fabriquées, façonnées par des colonisateurs, parfois en dépit de la réalité observée, et imposées sur les populations colonisées, dans le but même de la colonisation ? Cette question sous-tend les contributions à cette quatrième livraison d'Elohi.

 

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Elohi3La vie signifiante

 

L’un des lieux communs les plus répandus à propos des peuples indigènes est qu’ils ne laissent pas de trace sur leur environnement. Cette idée se révèle être un procédé de déshumanisation par déni de signes, alors que le colonisateur, lui, en
inonde la nature soi-disant vierge : il s’approprie le monde par le truchement d’un drapeau, d’une croix, d’une carte, et de tout autre représentation, et le recouvre de tant d’images qu’il finit par le dissimuler.
L’Indigène est perçu comme dépourvu du pouvoir et du savoir de produire des signes. Il est donc rendu invisible et sa vie littéralement insignifiante. Situation idéale pour tout colonisateur de terres « nouvelles ». Si on les voit « vierges », terra nullius, alors aucun obstacle ne s’oppose à l’avancée de la « civilisation », qui devient une responsabilité pour le colonisateur.
Les auteurs qui contribuent à ce troisième numéro d’Elohi s’intéressent tous à des discours indigènes qui replacent le culturel au coeur du naturel, non pour nécessairement vanter les mérites d’un mode de vie indigène qui serait primitif, donc harmonieux, mais pour simplement tenter de comprendre comment s’articule un fait objectif : l’humain habite la nature, celle-ci marque le premier, et le premier imprime sa vie signifiante sur la seconde.
Les discours analysés dans ce numéro – le discours légal des Maoris en Nouvelle-Zélande, le discours spirituel aborigène en Australie, celui des Makahs dans l’État de Washington, de N. Scott Momaday, les discours littéraires d’Alexis Wright
(Waanyi), Linda Hogan (Chickasaw), Louise Erdrich (Anishinaabe), David Seals (Huron) – ont donc une puissante portée politique. Lorsqu’ils prennent la parole pour se représenter dans leurs rapports avec l’environnement, les auteurs indigènes
déjouent le paradigme imposé et paramétré par les pouvoirs colonisateurs, un paradigme qui n’a réduit le « sauvage » qu’à être « noble » ou « ignoble ». Ils disent alors leur présence dans un environnement qu’ils contribuent à transformer ou à préserver.

 

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Elohi 2Le deuxième numéro de la revue pluridisciplinaire "Elohi, Peuples indigènes et environnement" vient de sortir. Il s'intitule "Les peuples indigènes face au reste du monde."

 

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Au sommaire:

 Andrew H. Fisher: Slippery Business: The Columbia River Inter-Tribal Fish Commission and the Politics of Salmon Recovery in the Pacific Northwest.

 Marie-Claude Strigler: Amérindiens et écologistes ensemble pour la protection de l'environnement --Stratégie fondée ou alliance contre nature? Le cas du riz sauvage des Chippewa.

 Gonzalo Bustamante: "Juntos pero no revueltos!": comunidades Mapuche y organizaciones ambientalistas frente a tres proyectos de desarrollo en Chile.

 Lindsey Claire Smith: The "Whole Foods" Paradox: Food Sovereignty, Eco-Iconography, and Urban Indigenous Discourse.

 Susanne Berthier-Foglar: Uranium mining on sacred land: the case of Mount Taylor (NM, USA)

 Thomas Burelli: Les autochtones de l'outre-mer français face aux activités de recherche sur la biodiversité. Quel rôle et quels pouvoirs pour les populations autochtones et locales de l'outre-mer?